3,2 %. Ce chiffre, brut et sans fard, résume la trajectoire du coût de la vie qui attend les Français en 2025. L’inflation ne cède pas, les salaires n’avancent plus : le décalage se creuse, palpable jusque dans la moindre facture d’électricité ou le ticket de caisse du supermarché. Derrière les annonces du projet de loi de finances, les arbitrages sont serrés, les marges de manœuvre de l’État s’amenuisent. Et pendant ce temps, sous la surface, le fossé se creuse entre les ménages.
Les prévisions de l’INSEE et de la Banque de France dressent le portrait d’une année où le pouvoir d’achat reste mis à mal. Malgré une légère hausse du revenu disponible en 2024, la tendance ne se renverse pas franchement en 2025. Les revalorisations de salaires restent en deçà de la hausse générale : le coût de la vie 2025 s’impose, plus lourd que les augmentations promises. À 1 % de croissance du PIB prévue selon les dernières projections macroéconomiques, la reprise reste timide, loin de quoi relancer la consommation à grande échelle.
La banque centrale maintient une politique ferme. Les taux d’intérêt plafonnent, freinant l’accès au crédit et compliquant les investissements. Le taux de chômage reste élevé, la décrue s’essouffle. Du côté des mesures budgétaires, l’exécutif tente de cibler les foyers les plus exposés à la hausse des prix, mais l’impact réel de ces dispositifs ne fait pas l’unanimité, surtout face à l’inflation persistante sur les postes de dépense essentiels.
Quelques chiffres donnent la température de cette année sous tension :
- La croissance du PIB en zone euro plafonne à 0,9 % au premier semestre.
- Le revenu disponible des ménages n’augmente que de 1,2 % sur un an, loin des ambitions affichées dans le rapport de projection du printemps.
- Les investissements des ménages ralentissent, tout particulièrement au troisième trimestre.
Les perspectives économiques pour les mois à venir reposent sur une hypothèse de stabilisation de l’inflation autour de 2,5 %. Pourtant, la volatilité des prix, de l’énergie à l’alimentaire, brouille les repères et complique les anticipations. Le contexte international, imprévisible, pèse sur les marges de manœuvre nationales. L’incertitude domine, et chaque prévision ressemble à un pari prudent.
Quels sont les nouveaux visages de l’inflation et des prix cette année ?
L’inflation en 2025 ne ressemble plus à celle des années de crise sanitaire. Les hausses de prix se fragmentent selon les secteurs, dessinant une carte inégale du quotidien. Les prix du gaz et de l’électricité, après les flambées de 2022, ont amorcé une pause relative grâce au maintien des boucliers tarifaires. Mais cette accalmie reste précaire : la fin progressive des aides et le retour de certaines taxes sur l’énergie pourraient raviver les tensions à tout moment.
Dans les rayons alimentaires, le contraste frappe. Si les pâtes ou le beurre voient leurs prix se calmer, les fruits et légumes continuent d’augmenter, tirés par les aléas climatiques, la spéculation et la dépendance aux importations. L’indice des prix à la consommation harmonisé repasse en-dessous des 3 % sur l’année, mais cette moyenne masque des disparités nettes d’une catégorie à l’autre.
Le logement, quant à lui, poursuit sa lente mais régulière ascension. Loyers et charges de copropriété progressent, poussés par les exigences de rénovation énergétique et la hausse des coûts d’entretien. Les propriétaires font face à de nouvelles règles, tandis que les locataires voient leur budget rogné, mois après mois. L’accès au crédit, devenu plus difficile du fait de la prudence des banques, freine les achats immobiliers et tend encore davantage le marché locatif.
Les tensions à l’international, sur l’énergie et les matières premières, ajoutent une couche d’incertitude. Les ménages, eux, composent comme ils peuvent : ils réduisent, reportent, réorganisent leurs dépenses. Mais la hausse du coût de la vie n’a pas disparu, elle a simplement changé de forme, se glissant dans les interstices du quotidien.
Projet de loi de finances 2025 : quelles mesures pour soutenir les ménages ?
Dans un contexte de hausse du coût de la vie, le projet de loi de finances 2025 tente de répondre à la pression sur le pouvoir d’achat. Face à la flambée des prix de l’énergie et à la persistance des inégalités, le gouvernement avance des mesures budgétaires ciblées, en cherchant à limiter l’impact sur le déficit public.
Le curseur est placé sur le soutien aux ménages modestes. Les axes retenus sont variés :
- Revalorisation des aides personnalisées au logement
- Révision des barèmes pour la prime d’activité
- Maintien partiel du bouclier tarifaire sur l’électricité
Les retraites de base suivent l’inflation, tandis qu’un effort renforcé est fléché vers la rénovation énergétique des logements. Objectif affiché : réduire la dépendance aux énergies fossiles et alléger les factures sur le long terme.
La transition écologique prend une place croissante : crédits accrus pour les transports propres, fiscalité ajustée sur les carburants, incitations à l’investissement vert. Le débat reste vif sur la taxe sur l’énergie, suspendue à la volatilité des marchés mondiaux et aux arbitrages du gouvernement. Du côté des syndicats, les revendications portent sur une meilleure redistribution et un relèvement du revenu disponible, alors que la croissance du PIB demeure fragile et que la politique monétaire européenne laisse peu de latitude.
Tous ces ajustements répondent à une logique de rééquilibrage structurel : trouver la ligne de crête entre soutien aux plus exposés, contraintes du PIB et accélération de la transition écologique. Les décisions à venir pèseront lourd dans la trajectoire du pouvoir d’achat des Français.
Comparaisons avec les années précédentes : tendances, surprises et enseignements
La croissance du PIB en 2025 ne retrouve pas les couleurs d’avant la pandémie. L’INSEE table sur une progression d’environ 1,1 %, chiffre modeste si on le compare aux années fastes. La zone euro avance en ordre dispersé : l’Allemagne et l’Italie peinent à sortir de l’ornière, ralentissant l’ensemble.
Le contraste est marqué avec certains voisins et partenaires :
- Les États-Unis conservent un rythme de croissance supérieur,
- La Pologne et l’Irlande affichent une vigueur qui interroge sur la capacité d’adaptation française,
- Le commerce de détail et la restauration connaissent une vague de faillites d’entreprises rarement vue depuis 2016.
Le secteur du BTP est frappé de plein fouet par la hausse des prix des matières premières et les incertitudes commerciales. Les droits de douane sectoriels et la volatilité des politiques internationales freinent les investissements, plombant toute reprise nette.
Retour sur quelques repères récents :
- En 2024, le commerce extérieur français avait légèrement rebondi, avant de s’essouffler dès le second semestre.
- Les projections pour 2025 restent prudentes : tout dépendra de la stabilité géopolitique et des choix de la politique monétaire européenne.
L’année 2025 ne s’annonce pas comme celle d’un renouveau éclatant, mais plutôt comme un exercice d’équilibriste pour absorber les chocs et naviguer dans un environnement mondial en perpétuelle mutation.


